mardi 12 septembre 2017

Lecture (sciences-philosophie) : Igor et Grichka BOGDANOV, "LA FIN DU HASARD", Grasset, 2013.




Qui dit que le monde n’a aucun sens ?
Voici, dans ces pages, la philosophie de Jean-Paul SARTRE battue en brèche ! De même que celles de Stephen HAWKING, de DARWIN, de Jacques MONOD ou des tenants de l’incertitude quantique traditionnelle (que le Grand Albert (vous savez lequel) combattit avec acharnement).
Tout en restant totalement dans le domaine scientifique, ce livre met du baume au cœur des sympathisants de l’ « INTELLIGENT DESIGN » (parmi lesquels je compte).
Le hasard, l’aléatoire n'y sont présentés que comme les fruits de notre méconnaissance. Une méconnaissance que nous sommes, à jamais, incapables de dépasser, du fait de notre propre nature autant que du fait de la nature des choses.
Cet ouvrage nous offre un formidable et captivant « voyage » dans la théorie du chaos (le fameux effet-papillon, autrement appelé sensibilité [d’un processus] aux conditions initiales qu’il ne nous est pas possible de mesurer), dans les lois régissant les systèmes thermodynamiques, dans la théorie des jeux, dans l’incomplétude gödelienne et dans les transitions de phase (changements brusques d’état de la matière). Son incontestable « vedette » est, sans conteste, la mathématique.
Les mathématiques ont permis de découvrir que notre univers physique était régi par des lois ; des lois d’airain. Que (mieux encore) il était le produit (Vie comprise) d’un minutieux réglage, d’un véritable « calibrage » au micromillimètre près.
Pourquoi les chiffres possèdent-ils un tel pouvoir explicatif de la nature, y compris dans le domaine (déconcertant, certes, à nos yeux) des particules élémentaires, si ce n’est pas parce que le chiffre, le « programme chiffré » sont sous-jacents à toutes choses ? L’ADN code, les objets matériels sont porteurs d’information, et Léonard SUSSKIND (avec d’autres) a postulé la théorie holographique, après avoir, grâce à ses équations, laissé entendre que la surface des trous noirs était recouverte d’information stockée sous la forme bien connue de bits.
Pour les auteurs qui nous occupent, le hasard ne serait qu’un subterfuge, un mirage, une sorte de « poudre aux yeux » destinée à nous égarer et, comme le dit par ailleurs si bien le physicien français Bernard D’ESPAGNAT, le réel ultime serait voilé par lui.
Notre concret aurait pour origine de la pure abstraction mathématique. Après tout, pourquoi pas ? Notre cerveau, bloc de pure chair, de pure concrétude biologique, génère bien l’abstraction de la pensée !
Audacieusement, les frères BOGDANOV s’aventurent même au-delà du Big bang, jusqu’à un cloud de chiffres qui précèderait le nuage de gaz inaugural et, plus loin encore, jusqu’à la singularité qui ne serait autre que le zéro absolu.
« Dieu », apparemment, est un « matheux » - ou un informaticien – génial et fort subtil.
Reste à savoir pourquoi il fait tout cela. Pour se divertir, peut-être ?
Je recommande la lecture de ce livre, qui est très accessible au public cultivé (surtout en matière scientifique) et que, pour ma part, j’ai lu presque comme un « page-turner ».








P. Laranco.





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